Face aux défis démocratiques et sécuritaires de la région, la députée congolaise plaide pour des institutions responsables, une participation inclusive et une meilleure protection des populations.
La démocratie ne saurait se réduire aux élections : elle doit se traduire par la protection effective des droits, l’accès à la justice et la sécurité des citoyens. C’est le message porté par l’honorable Cathy Sakombi Moleka lors de la Session 5 du Forum parlementaire de la SADC, consacrée aux droits constitutionnels, aux libertés fondamentales et à l’espace démocratique.
Au cœur des échanges figure l’élaboration d’une loi type sur le constitutionnalisme et l’État de droit, destinée à promouvoir les bonnes pratiques institutionnelles au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe.
Dans son intervention, la parlementaire congolaise a rappelé que la Constitution de la République démocratique du Congo consacre notamment la liberté d’expression, la liberté de la presse, la liberté d’association et le droit de réunion. Des garanties dont l’effectivité demeure, selon l’orientation de son plaidoyer, indissociable de la capacité de l’État à protéger ses citoyens.
L’Est de la RDC, révélateur des limites de la liberté sans sécurité
Évoquant les conflits armés dans l’Est du pays, Cathy Sakombi Moleka a mis en lumière le drame des populations déplacées, des enfants privés d’école et des femmes exposées aux violences.
« Comment garantir pleinement les droits constitutionnels lorsque des familles sont contraintes d’abandonner leurs habitations, lorsque des enfants sont privés d’école et lorsque des femmes vivent sous la menace permanente des violences armées ? », a-t-elle interrogé.
Cette interpellation place la sécurité humaine au centre du débat démocratique. Car lorsque les populations vivent sous la menace des armes, les droits reconnus par les textes peinent à se concrétiser. La consolidation de l’État de droit exige donc que la protection de la vie et de la dignité humaine accompagne les garanties constitutionnelles.
Quatre leviers pour une démocratie plus solide
Pour nourrir l’élaboration de la future loi type, l’élue a défendu quatre priorités : renforcer les garanties des libertés fondamentales, promouvoir la participation des femmes et des groupes vulnérables, consolider le contrôle parlementaire et intensifier la solidarité régionale face aux crises.
Elle a notamment insisté sur le rôle des Parlements, appelés non seulement à légiférer, mais aussi à contrôler l’application des lois et à veiller à la pertinence des politiques publiques. Une exigence essentielle pour faire de la responsabilité institutionnelle un pilier de la gouvernance démocratique.
Sur le plan régional, elle a plaidé pour une coopération accrue entre les États membres, afin de renforcer les institutions, de protéger les populations et de rechercher des solutions durables aux conflits.
Harmoniser sans nier les souverainetés
Cathy Sakombi Moleka souhaite que la future loi type de la SADC favorise l’harmonisation des bonnes pratiques tout en respectant la souveraineté et les réalités constitutionnelles des États membres.
Au-delà du cadre juridique, son intervention soulève ainsi une question fondamentale : quelle valeur accorder aux libertés si les citoyens ne disposent pas des conditions nécessaires pour les exercer ?
Pour la parlementaire, l’ambition démocratique doit réunir liberté, sécurité, justice et développement. Un principe qui rappelle que la solidité d’un État de droit se mesure autant à la qualité de ses institutions qu’à sa capacité à garantir, dans la vie quotidienne, les droits et la dignité de chaque citoyen.
Michel Kasanga
