Par Michel Kasanga
La polémique née autour du communiqué du Rapporteur de l’Assemblée nationale invitant les députés nationaux à communiquer les détails des réalisations enregistrées dans leurs circonscriptions électorales respectives a trouvé un début d’éclaircissement. Au cours de la plénière du mercredi 7 octobre 2026, le Président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a apporté des précisions destinées à clarifier la portée de cette démarche.
Le communiqué initial n’était pas passé inaperçu. Dans les rangs des élus comme dans l’opinion, son contenu avait suscité interrogations, commentaires et débats sur la nature des réalisations attendues des députés et, surtout, sur leur articulation avec les missions constitutionnelles du Parlement.
Face à ces interrogations, le Speaker de la Chambre basse a tenu à préciser que l’initiative vise avant tout à dresser un inventaire des infrastructures et actions réalisées au bénéfice des populations dans les différentes circonscriptions électorales, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et dans plusieurs autres secteurs.
L’objectif, a-t-il expliqué en substance, est de disposer d’une photographie aussi complète que possible des efforts consentis au niveau des bases électorales, afin de permettre leur prise en compte dans l’appréciation globale des initiatives menées au profit des communautés.
*Le rappel du cadre constitutionnel*
Au-delà de cette précision, Aimé Boji a surtout replacé la question dans son cadre institutionnel. Il a rappelé aux députés nationaux que leur mission constitutionnelle fondamentale demeure, conformément à l’article 100, alinéa 2 de la Constitution, de légiférer et de contrôler l’action du Gouvernement.
Les initiatives personnelles prises par certains élus en faveur de leurs populations, qu’il s’agisse d’actions sociales, d’appuis ponctuels ou de réalisations matérielles, doivent dès lors être comprises comme des actes de solidarité et de philanthropie, et non comme une substitution aux responsabilités de l’État ou du Gouvernement.
Le Président de l’Assemblée nationale a, dans cette perspective, salué et encouragé les députés qui s’investissent personnellement dans des actions en faveur de leurs bases respectives.
*Cathy Sakombi Moleka salue une clarification « responsable »*
Cette mise au point a été favorablement accueillie par plusieurs élus. Parmi eux, l’honorable Cathy Sakombi Moleka, députée nationale, qui estime que la clarification apportée par le Président de l’Assemblée nationale était nécessaire pour dissiper les malentendus nés du communiqué initial.
Dans une réaction empreinte de satisfaction, l’élue salue une démarche qu’elle considère comme une marque de responsabilité institutionnelle et d’écoute.
Pour l’élue légitime du peuple Congolais Cathy Sakombi Moleka, le rappel du Président Boji est particulièrement important en ce qu’il permet de distinguer clairement les missions constitutionnelles du député des initiatives personnelles de solidarité qu’il peut entreprendre au bénéfice de sa communauté.
*« La mission fondamentale du Député national demeure de légiférer et de contrôler l’action du Gouvernement »,* souligne-t-elle, tout en reconnaissant la valeur des initiatives sociales et matérielles entreprises volontairement par les élus dans leurs circonscriptions.
*Une polémique désormais replacée dans son contexte*
La réaction de la députée intervient dans un contexte où le communiqué initial du Rapporteur avait suscité un vif débat, faisant couler beaucoup d’encre et alimentant les commentaires dans les milieux politiques et parlementaires.
Sans remettre en cause le bien-fondé de l’inventaire des réalisations, les interrogations portaient notamment sur le risque de voir les actions individuelles des parlementaires assimilées à des obligations relevant de leur mandat constitutionnel.
La clarification du Président Boji permet ainsi de replacer cette initiative dans une perspective davantage institutionnelle : recenser et valoriser les actions réalisées au profit des populations, sans confondre ces initiatives avec les prérogatives constitutionnelles du Parlement.
Pour l’honorable Cathy Sakombi Moleka, cette mise au point contribue à « rétablir la juste lecture institutionnelle de la démarche » et à valoriser l’engagement social des élus sans créer de confusion avec les responsabilités de l’Exécutif.
*Un satisfecit à la conduite du Speaker*
Au-delà du fond de la clarification, l’élue salue également l’attitude du Président de l’Assemblée nationale. Elle met en avant sa capacité d’écoute et son souci de prendre en compte les préoccupations exprimées par les députés.
Elle considère cette attitude comme l’expression d’une gouvernance parlementaire fondée sur le dialogue, l’écoute et la recherche de l’équilibre institutionnel.
Le satisfecit exprimé par Cathy Sakombi Moleka se veut ainsi un encouragement à préserver l’honorabilité de la représentation nationale, tout en permettant aux députés de continuer à soutenir leurs communautés par des initiatives personnelles, dans le respect du cadre constitutionnel.
Au final, la clarification du Président de l’Assemblée nationale semble avoir permis de lever une partie des ambiguïtés suscitées par le communiqué initial. Elle rappelle surtout une évidence institutionnelle : le député est d’abord un législateur et un contrôleur de l’action gouvernementale ; ses actions sociales personnelles, aussi louables soient-elles, relèvent d’un engagement volontaire en faveur de ses électeurs.
Une distinction que l’honorable Cathy Sakombi Moleka entend manifestement voir préservée, au nom d’une représentation nationale à la fois proche des populations et respectueuse de ses prérogatives constitutionnelles.
