Arrêté depuis le 05 octobre dernier à Isiro, le capitaine Samuel Beneto Mayenge serait détenu dans des conditions inhumaines et sa santé se dégraderait chaque jour. Cette dénonciation a été faite par sa famille sur les antennes de la Radio Okapi et à travers d’autres médias.
Chef de travaux à l’Université Pédagogique Nationale et jeune frère du capitaine Bebeto, M. Didier Bopey a expliqué que son frère, qui exerce la fonction de comptable militaire dans le Haut Uélé, a été arbitrairement arrêté par le général François Mukalay, commandant du secteur opérationnel Uélé. « Le général François Mukalay a donné l’ordre d’arrêter le colonel Maurice Kitsa et le capitaine Samuel Bebeto car il reprochait au premier d’avoir dénoncé ses dérapages à la hiérarchie militaire et au second d’avoir rédigé la correspondance à la place du premier, sans preuve portant », a expliqué Didier Bopey.
Dans une lettre de dénonciation du 03 octobre adressée au Commandant du SECAS, le colonel Maurice Kitsa a relevé plusieurs manquements graves dans le secteur opérationnel Uélé. Parmi les faits évoqués dans le document figurent le « retard volontaire dans le paiement des soldes des militaires », le « refus de paiement des soldes à certaines veuves des militaires tombés au front », « l’inhumation indigne des militaires tombés dans au champ d’honneur », « l’interdiction aux veuves d’organiser les deuils de leurs maris », « l’usurpation de la fonction d’agent payeur »… La correspondance indique que tous ces faits ont comme conséquences notamment « la démoralisation profonde des troupes au front ».
Pour l’heure, la famille du capitaine Samuel Bebeto exige la libération de leur frère ou qu’il soit déféré devant son juge naturel s’il a réellement commis une infraction. Cette famille promet aussi de saisir la justice militaire pour que le général François Mukalay réponde de ses actes. Un collectif d’avocats serait déjà en train constituer le dossier.
Moder Phanzu
